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Affût | recherche-création en cours, 2025-2026

L’acte photographique impose une relation de contrôle et de domination, plus ou moins exacerbée, plus ou moins consentie, entre l’entité regardante et l’entité regardée. L’intentionnalité du·de la photographe et le consentement de la partie photographiée déplace le curseur de cet état de contrôle.

 

A partir d’un apprentissage in situ des interactions du vivant et du non-vivant au sein d’un jardin public, inspiré par la figure de l’affût naturaliste, j’ai travaillé à la mise en place d’une installation témoignant de ces recherches, de notre capacité d’attention au sauvage, de notre tolérance à l’imprévisible, de la patience et de l’attente, de la contemplation du micro-événement et de son témoignage, du regard inquiet que les entités sauvages peuvent aussi porter sur nous. Le jardin est l’antithèse de la nature sauvage ; il est la vie domestiquée, cependant soumis à l’apparition d’espèces désignées comme « indésirables » par ses concepteur·ices.


Pâquerettes, violettes, chiendent, achillée noble, trèfle, bouton d’or, pissenlit, diverses espèces de plantain, ortie, thym, porcelle enracinée, bourse à pasteur, lampsane ou euphorbe émergent de la toile en un tapis d’adventices qui prendra la forme d’une sculpture vivante.


L’affût est ambivalent. Il est l’endroit où l’on se poste pour guetter le gibier lors de la chasse. Investi par les naturalistes, il désigne le poste d’observation au sein duquel on pourra rester des heures à guetter le passage de la faune, sous une couverture de camouflage. Sans tuer, juste pour contempler. Il est un lieu de patience et de disparition de soi au profit du sauvage. Un lieu où le corps s’oublie et, couche après couche, se fait paysage.

Sous cette forme que l’humain perçoit souvent comme inquiétante, à la limite de la vallée de l’étrange, les animaux, eux, investissent la sculpture : au fur et à mesure des semaines, les oiseaux s’y posent et mangent les graines, les souris y creusent des galeries, les hérissons viennent s’abreuver, les araignées tissent leurs toiles, les cloportes s’y abritent, les limaces s’en nourissent...

Ce projet de recherche-création voit le jour avec le soutien de la Ville de Clermont-Ferrand et du réseau CreArt et fait l’objet d’une première présentation publique en décembre 2025 au Chalet Lecoq. L’œuvre a été réactivée au sein du Jardin Lecoq fin avril 2026.

Grégoire Delanos © | mentions légales

Artiste-auteur SIRET 823 730 247 00058

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