Prémices | 2020-2021

2020. Les confinements de plusieurs semaines successives décrétés au début de la pandémie de la COVID-19 entraînent chez moi le désir de faire évoluer ma pratique photographique. Sans véritablement voir où m'amèneront ses interrogations, j'entame plusieurs projets liés à la perte : celle de la liberté à l'heure où toutes et tous ont l'obligation de vivre à huis clos avec la série Dear Quarantine, celle des espaces de biodiversité aussi : la pandémie prend son origine dans une zoonose, une maladie transmise de l'animal sauvage à l'homme ; ces zoonoses sont en recrudescence face à la pression anthropique sur les milieux naturels.

Ces prises de vue se réalisent d'abord en extérieur à l'occasion de sorties limitées en distance, dans une redécouverte des abords de la ville, entre champs et forêts, que le corps se réapproprie.

Par accident, je retrouve une pellicule abandonnée dans un appareil photo qui a moisi. Les paysages du Cantal pris en 2019 ont été grignotés par les moisissures. Je découvre la technique du film soup consistant à altérer un film argentique en le plongeant dans une solution faite-maison à base de solutions acides et basiques, ou de micro-organismes.

Au cours de la résidence d'été Prendre l'air du Temps II soutenue par la DRAC Auvergne Rhône-Alpes au sein du Centre Social Mandela La Gauthière (63), j'entame cette exploration entre abstraction et figuration. Puis, dans la continuité d'un engagement associatif, je pars à la rencontre de la Lutte des Sucs en Haute-Loire, qui se bat contre la construction de 11km de route dans des zones humides, forêt et terres agricoles.

Ce sont ces images qui sont présentées ici. En parallèle de ce travail, je me plonge dans la littérature scientifique liée aux causes et aux conséquences de la crise climatique sur la planète, le vivant et le non-vivant.

Le corpus Solastalgie voit le jour.