Hors-Cadre | 2018

Le cadre fixe ses limites, physiques et sociales. Ici les personnages évoluent dans un non-espace, projetés sur un support extérieur à leur réalité spatiale et temporelle. Cette série est composée de diptyques de tirages numériques et de tirages de clichés à la chambre photographique, en émulsion de chloro-bromure d’argent sur différents supports : plastique, carton, peuplier, coton, marbre, métal, porcelaine, céramique, skaï, rhodoïd. Au total, 10 dyptiques (20 photos) composent la série.


Comment interroger les limites du cadre, au sens propre en tant qu’objet physique, support de l’image, et au sens figuré, en tant que contexte social de la photographie ? Les personnages, reliés aux photographies numériques par des éléments de décor que l’on retrouve dans les deux séries, sont comme projetés hors de leur photographie. Les individus appartiennent à deux supports distincts séparés dans l’espace. De plus, ils ne répondent pas à une ligne temporelle définie.


Les images argentiques sont issues d’un long processus de fabrication. En cela, le travail du support est un élément essentiel du projet, au même titre que l’élaboration de l’image. Le choix de sa matière découle également du lieu ou de l’objet mis en avant dans la photographie : le plastique pour la borne d’Arcade, le tissu pour Chambre, le bois pour Forêt...


Ce processus est appliqué également aux images numériques, elles-mêmes issues d’une recomposition allant de deux à dix fragments de photographies. La scène, unique, est à chaque fois éclairée différemment sous plusieurs angles, lui conférant un caractère complexe derrière son apparente simplicité.


Derrière cette réflexion philosophique sur l’esthétique, il y a une histoire plus métaphorique, celle du passage de la vie à la mort. Les individus sont subitement arrachés de leur réalité et, comme en témoignent leurs attitudes, surpris dans leurs actions quotidiennes, figés dans un non-espace.