5 jours coupés du monde


Juillet 2017. Dans notre quotidien sans cesse en mouvement, impossible de trouver un temps à soi, pour soi, hors de toute connexion. Une notification sur notre téléphone viendra toujours nous ramener à une réalité ultra-connectée.

Avec Anne-So, pour la deuxième fois de notre vie, nous partons ensemble sur les traces du chemin de St Jacques-de-Compostelle. Pas par conviction religieuse, à peine par conviction idéologique. Nous retrouver face à nous, à la nature et à l'effort, nous motivent pour repartir. Quel plaisir alors de s'en aller à contre-courant, de se sentir libéré de toute contrainte, de tout contact, au moins pour une parenthèse de quelques jours.

Une tente, un sac à dos à dos de 10 kilos chacun, un bâton en bois de buis pour moi (merci papa), deux bâtons en carbone pour elle, et c'est parti pour 15 à 20 kilomètres par jour entre la Lozère, le Cantal et l'Aveyron. On y va mollo pour profiter des paysages !

La brume nous a suivi tout au long de notre traversée de l’Aubrac. Le silence, les troupeaux, la douceur de la température, et de nouvelles rencontres éphémères de randonneurs. Bientôt nous allions rejoindre Salers pour une pause méritée.

Fin d'étape. Alors que les eaux fraîches de la rivière accueillent nos pieds endoloris, nous échangeons sur nos premières journées. Pour la première fois en 3 jours, la tente va pouvoir sécher. Nous visitons brièvement le village avant d’acheter notre repas du soir. Un chaton nous rendra visite une partie de la soirée, mais on ne pourra pas l’emmener.

La rosée perle sur les parois de la tente. La nuit a été fraîche, le réveil pluvieux, mais le sommeil réparateur.

Une blessure plus tard, nous rejoignons Estaing. Le dédale de ses rues médiévales nous conduit sous un pont en pierre, d’où nous traversons à pied un ruisseau. La journée a été chaude et l’air ici devient respirable.

Sans être croyant, pénétrer dans un tel lieu est chaque fois un moment unique. Alors que les dernières lueurs du jour traversent les vitraux en une myriade de reflets, chaque pas se répercute en écho contre les parois et les colonnes de l’édifice. L’odeur aussi est prenante, mélange de minéral, et de bois. Les frottements des habits deviennent murmures.

Alors qu’il nous faut clôturer ce chapitre, nous nous répétons que nos meilleurs souvenirs se font ainsi, à marcher sans réel autre but que de se retrouver, à partager des moments de communion avec la nature, à se redécouvrir chaque fois, et à profiter de tous les instants. S’il ne devait rien rester de notre société, c’est ainsi que je verrais ma vie.

Le principal est sans doute de ne pas oublier que tout cela est à portée de main.

Et de pieds !

La série complète sur Instagram :

w/ @annesopay

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